Bonjour, Le 08 février dernier, dans le cadre de mon implication avec Communautique, j'ai eu l'occasion d'assister aux audiences publiques à Ottawa sur le projet de loi 118 (qui amende la présente loi sur les personnes handicapées de l'Ontario). Je crois que ce projet de loi est important et malgré les nombreuses questions qui subsistent, entre autres sur la faisabilité de son application, plusieurs provinces seront interpellées par les avancées qui risquent de voir le jour grâce à cette nouvelle législation en Ontario, une fois adoptée et mise en application. Lorsqu'on considère qu'au Québec, nous sommes en processus de révision de notre propre loi sur les personnes handicapées (adoptée il y a plus de 25 ans) depuis plus de 7 ans sans adoption des projets de loi déposés jusqu'ici, que ces projets de loi ont été plutôt rétrogrades dans leurs propositions en matière d'accessibilité de façon générale et que la question de l'accès aux technologies n'a toujours pas été adressée de façon concrète, il sera important de suivre de près ce qui se passe chez nos voisins, qui, rappelons-le, ont déjà une longueur d'avance sur nous puisque la loi ontarienne actuelle identifie des obligations gouvernementales en matière d'accès aux sites Web du gouvernement et en matière d'approvisionnement. Pour ceux et celles que ça intéresse, ce qui suit est un petit compte-rendu au sujet des audiences de mardi dernier. Bon week-end, Catherine -- Rapport sur les audiences publiques sur le projet de loi 118 (Loi de 2004 sur l'accessibilité pour les personnes handicapées de l'Ontario), tenues le 08 février 2005 par le comité permanent sur la politique sociale, Ottawa Ontario. -- Le 08 février dernier avaient lieu à Ottawa les audiences publiques sur le projet de loi 118. Ces audiences étaient les dernières cédulées dans une série d'audiences tenues par le comité permanent à travers la province au cours de février. Le projet de loi propose de mettre en place une série d'obligations et de procédures afin d'accroître l'accessibilité des infrastructures et des services aux Ontariens handicapés. Alors que la loi actuellement en place stipule des obligations d'accessibilité pour l'appareil gouvernemental au niveau provincial, le projet de loi propose d'étendre cette obligation au secteur privé. Le projet de loi identifie une échéance ultime de réalisation : qu'au plus tard en 2025, l'ensemble des objectifs d'accessibilité soient atteints. Le ministère responsable (immigration et citoyenneté) créerait des comités d'élaboration de normes par secteur. Ces comités auraient aussi la responsabilité d'identifier les cibles et les exemptions. Lors des sessions d'Ottawa, plus de 30 intervenants ont présenté des mémoires ou des positions sur le projet de loi au cours de la journée. Chaque intervenant n'avait que 15 minutes pour leur présentation. Dans ce contexte, le temps ne permettait qu'un survol rapide des problématiques et des recommandations et peu de questions ont été posées par les membres du comité permanent. De façon générale, l'ensemble des interventions ont surtout porté sur l'accessibilité aux infrastructures physiques (le cadre bâti, l'environnement urbain, le transport, etc.) et l'accès aux services liés à la déficience, l'accès à un revenu décent, la normalisation des étudiants handicapés dans le système de l'éducation, la disparité entre les régions, le besoin de moderniser la définition de personnes handicapées, etc. On a dénoncé le manque de constitutionalité du projet de loi (les liens à faire avec la charte des droits et les risques à la vie privée), le manque de transversalité entre divers ministères concernés, les échéanciers (cycles de 5 ans et objectif ultime de 20 ans), le manque de mesures concrètes identifiant et contrant la discrimination systémique, le manque de participation des personnes handicapées dans la représentation de leurs besoins, etc. Une seule position sur l'accessibilité du Web a été présentée au cours des sessions. Cette position était apportée par WATS.ca, une firme ontarienne travaillant sur les questions de l'accès au Web pour les personnes handicapées. WATS.ca propose 4 recommandations concrètes. En résumé, il est question de : 1. Donner l'exemple : que tous les sites Web du gouvernement provincial respecte les directives d'accessibilité de niveau 1 et 2 du W3C dans une échéance de 24 mois. 2. Incitatifs : que la loi soit élaborée de façon à ce que des incitatifs soient offerts au secteur privé pour répondre aux objectifs d'accessibilité de niveau 1 et 2. 3. Éducation : que les écoles et centres de formation du domaine des technologies soient mandatés pour offrir au moins un cours dans le cadre du curriculum général sur les questions d'accessibilité du développement Web. 4. Application : que des déclarations d'accessibilité soient obligatoires. Ces déclarations doivent être révisées annuellement pour assurer la conformité et qu'une obligation de rendre compte soit liée aux responsabilités d'un "commissaire d'accessibilité". Il est à noter que ce sujet semblait nouveau, voire abstrait, pour l'ensemble des membres de comité permanent qui n'ont pas été en mesure de poser des questions. Toutefois, il semble que l'accessibilité des sites Web serait couverte par la nouvelle loi, bien qu'il ne subsiste que des questions sur l'application concrète de la loi dans ce secteur. Le projet de loi a déjà fait l'objet de deux lectures en chambre et suite aux audiences, il est prévu qu'il retourne en chambre pour une troisième lecture avant adoption. Les participants espèrent que leurs commentaires seront pris en compte afin que des amendements soient apportés au projet de loi avant son adoption. Pour consulter le projet de loi, dirigez vos fureteurs vers : http://www.ontla.on.ca/documents/Bills/38_Parliament/Session1/b118_f.htm Un Webcast est également disponible sur cette page (en anglais seulement et pas de sous-titrage !) -- Catherine Roy www.w3qc.org www.communautique.qc.ca http://perso.b2b2c.ca/zara
